Saturday, March 5, 2011

Le Reigne Maritime - By Abderrahim Qanir



En annonçant la décision de construire un nouveau port en Méditerranée, Sa Majesté le Roi Mohamed VI affiche une vision hautement stratégique visant à doter la région des atouts nécessaires à sons développement socio-économique et ou le port constitue le fer de lance.
Si le siècle dernier a vu le Maroc se doter de politique des barrages afin de développer le secteur agricole et d’assurer les besoins en eau potable épine dorsale de l’économie nationale, le prochain siècle pourrait être celui des ports.
A l’heure de la mondialisation et du libre échange, le monde devient de plus en plus petit et les échanges commerciaux de plus en plus grands , le royaume a en effet tout intérêt à développer le nombre des ses ports véritables fenêtres sur le monde extérieur.
Le Maroc devrait engager le nouveau millénaire sous le signe de développement de son infrastructure portuaire.
La décision du Souverain de doter la façade méditerranéenne d’un nouveau port répond ainsi à plusieurs objectifs :
-la création d’un pôle de développement économique et social dans une région fortement dépendante de la contrebande.
-le développement de l’arrière pays par l’implantation de zones franches.
-le désengorgement du port de Tanger.
-la construction d’un réseau routier sur la rocade méditerranéenne.
-la réalisation de nouvelles stations balnéaires pour l’accueil de touristes.
La construction du port de Tanger Méditerrané dont l’appel d’offre international est imminent , pourrait ainsi devenir la première étape d’une politique portuaire ambitieuse, visant à doter chaque région maritime d’infrastructure d’accueil à même de répondre aux attentes de la mondialisation et libre échange avec l’Europe et les USA.
Le Maroc qui dispose de 3500 Kilomètres de façades maritimes a encore besoin  de plusieurs installations portuaires pour répondre aux exigences de demain.
Le Maroc porte de l’Afrique doit en effet développer ses sources d’accès au monde extérieur. Le port sera ainsi la tête de pont qui reliera deux continents et deux entités ,l’Afrique et l’Europe – le Maroc et le reste du monde.



UN PORT, UNE REGION

Le développement économique au Maroc est aujourd’hui concentré dans les villes disposant d’une façade maritime ;DAKHLA  LAAYOUNE AGADIR SAFI EL JADIDA CASABLANCA MOHAMEDIA TANGER NADOR  etc. ; l’avenir de la région passe donc inévitablement par le renforcement de l’infrastructure portuaire dont l’impact.
On considère généralement qu’un port a un rayon d’influence de 300kilomètres sur l’année pays .Ainsi , l’implantation d’un port en Méditerranée continuera non seulement à lutter efficacement contre la contrebande mais aussi à désenclaver les provinces de Nord et à doter la région des outils économiques nécessaires à son décollage.
Aujourd’hui on constate aussi un certain engorgement au niveau des installations existantes. Ceci est notamment le cas pour le port de Tanger qui connait des goulets et des roll-on roll-off ;ou encore pour le port de Casablanca véritable port fourre-tout , puisque l’on y trouve aussi bien des conteneurs, des céréales , des agrumes, du charbon , des phosphates, du chimique , du poisson etc.
Une stratégie de développement du réseau portuaire national pourrait ainsi par exemple consister à doter chaque région d’un port qui répond à l’activité liée à la spécificité de l’économie régionale .C’est dans ce cadre que s’inscrit le port ATLANTIQUE  DE  KENITRA , principalement axé sur le commerce par l’activité de la pêche ; un port Jorf Lasfar  pour les minerais ;un port de Safi pour les phosphates etc.
Parallèlement en développement des installations  portuaires industrielles ; il apparait également nécessaire aujourd’hui de développer une réelle vision en matière des ports de plaisance et de Marina.
Depuis 1987, le plan directeur national des ports de plaisance n’a pas été actualisé. Or , si l’on veut tenir aujourd’hui le challenge des dix millions de touristes en l’an 2010 il est de plus en plus de développer les structures d’accueil pour les plaisanciers.
En France , en Italie et en Espagne l’implantation des ports de plaisance et de Marina a eu visiblement un effet d’entraînement énorme sur l’activité touristique .Ces pays considérés comme les premières destinations touristiques en Europe et parmi les premières stations balnéaires du monde, de plaisanciers  d’un réseau de port de plaisance suffisamment dense pour permettre l’accueil et l’hivernage des bateaux. Le plaisancier peut ainsi voyager de port en port autour de l’Espagne méditerranéenne sans s’aventurer sur les grandes croisières.
On estime le nombre de plaisanciers qui font route chaque année de la méditerranée aux îles Canaries et vice-versa à 5000 voiliers qui descendent avec le courant des Alizés et qui remontent avec le courant des Canaries.
Or, si l’Espagne dispose aujourd’hui de plus de 400 ports de plaisances et Marinas , le Maroc n’en possède même pas l’équivalent de 1% digne de ce nom ;pourtant déjà en 1987, on avait attiré l’attention sur l’intérêt de ce type d’aménagement sur le développement touristique du littoral, seule aux conclusions de l’étude du plan directeur national des Ports de plaisance et Marinas.
Un port de plaisance contribue non seulement à augmenter notre capacité d’accueil touristique, mais aussi il constitue un pôle d’attraction et de loisirs pour les touristes de haute gamme .On estime l’apport financier d’un plaisancier à l’équivalent de 50 touristes normaux, sans compter l’apport médiatique.
L’équipement et la modernisation des ports existants, l’extension de certains ports , mais surtout la création de nouveaux ports régionaux est aujourd’hui nécessaire pour ancrer définitivement le Maroc dans le concret des nations développés .Les ports contribueront non seulement à changer notre vision sur le monde extérieur mais aussi  à modifier le regard de l’extérieur sur le Maroc.
A l’image des grandes nations qui ont conquis leur puissance économique sur les océans , le Maroc doit aujourd’hui  partir à la conquête des nouveaux marchés en se dotant des infrastructures indispensables pour accueillir la nouvelle économie à moindre coût. 


Fait par Abderrahim Qanir, Ingénieur civil-MBA, Député au parlement
Et adressé
A Mr le Premier Ministre  Abderrahmane El Youssoufi  le  6 octobre 2000




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Thursday, February 24, 2011

The opening of Europe through Turkey

Realise par Abderrahim Qanir

To put the question on the prospects of Morocco, and carry a glance about its future, one is fatally Icd to consider the question's relation with development and modernity. That's to say, the capacity of the Moroccan society to define a type of development adapted to, the challenges of the third millennium around which a national consensus could be organized. It is also to put the question of social interactions; the respective role-play of economical, social and political actors. Actually, it's also a debate of importance because the Moroccan society, which has known deep transfers and is subjected to new restraints, is invited to consider an identity built through a rather ambiguous
Report with modernity falling under a mode of relations where it alters the attractive phases and the repulsive ones. Today, while modernization of the economy and its multiform opening on the global market with its implacable laws of a critical competitivity being accompanied with a questioning of traditional balances; whereas, society is threatened more deeply and rigidly. Hence, two questions are raised. On the one hand, can the Moroccan society produce a new social order which falls under the world dynamics without being repudiated? On the other hand, under which modality - rupture with past, the reform of the traditional system, the production of a social order which deviates from the nostalgia and the tradition or prefers the adulation of modernity at the same time - can this evolution be carried out?
      
 The Moroccan model, which is built in an alternance of advance and retreat, is presented in the form of an expression of dualism between tradition and modernity. Even the country's identity is forged by both exterior acceptance and rejection. The question today is to know if Morocco has to be changed by keeping                                                                                                                                                                                                                                                   
Its identity. Such proper identity will bring an economical progress with a social cohesion. However, it is faced by four fundamental stakes.



1- The first stake consists of finding the path to an ever lasting and strong growth. The Moroccan economy which has known a versatile evolution will face a triple challenge; creating jobs for the work force in a rapid expansion (3%YEARS) modernisating the productive system and strengthen its efficiency to make it face the international competitivity, and building a model which gets rid of the guaranteed income that affect the country's economy and Constitute a true interference to the establishment of an efficient and performing system.
2- The second stake has to go into the conciliation between economical progress and social cohesion. Morocco is actually invited to make from the efficiency of the economy a successful one and reduce the social inequality in a context characterized by a rarity of resources and the presence of a demographic press ion due to the youthful population. While, the rapid social mutations which is stemmed from the youthful population, the rapid urbanization, the relative development of the middle c1ass, the appearance of new social categories (businessmen, organized women etc. . ) will have important    consequences on the social and economical plan: an increase in social needs ( health , accommodation, education etc...) a growth in investments ' needs ( for creating jobs) , development of political requirements ( right of -association and organization and human rights etc...)

3- The third one considers the transition from a system whose values are hierarchical and communal (authoritarian) into a liberal and individualistic model (solidary). Although The growth of the country's material values are so poor and vulnerable to the c1imatic conditions asked by the social inequality , it might turn into a growing tension between a technocratic and modern vision and the nostalgia of a period 'idealized' by a backward-Looking and ~ retrograde speech. If until the present time tradition and modernity get on relatively well and if the social fracture is so deep , the confrontation will be possible in the future .It is to be feared that.


Emancipation, liberation and modernization values will only clash values of primary conservatism, set traditionalism and the rejects of overture and novelty.
If the(' present frustrations ( of the population as a great part) is maintained or increased and if the inspiration of a material type aroused by the consumption model which is taking place and can't find way to its realization , and if in a general way the improvement of the population increases , the social cohesion will be seriously started on . The values of communal solidarity which will serve (and still serving in some areas) social depreciation are disappearing. They are supplanted by the individualism and 'every man for him' which condemn the exclusion of every one without either work or resources. In these conditions, the tendencies for rejecting the model are likely to intensify without ignoring the extremist and nihilistic tendencies which are developing and manifesting in a violent manner.

4- The fourth challenge resides in the adaptation of the Moroccan economy towards the stakes of international competition. It is one of the heaviest tendencies which will act strongly on the Moroccan economy in the future and have relations with the exterior world. In fact, the rational integration which restricts Morocco to have relations with the exterior world will develop to a structural integration where the country's position will be determined by the Place which it occupies in the 'global chain of added values. Everyone indicates that for the coming years the economy of Morocco will be invited to integrate at its equation the weight of the extern factors which will operate in a fundamental rupture with past behaviours. This requirement makes Morocco in front of many challenges. And if it can't raise these challenges mainly the one of competitivity, it is not only the economy that will be menaced but the framework of society.

Ali these observations lead us to question the ability of society and its decision makers to define a project of development adapted to the current challenges. This suppose a better identification of the advantages and the dr;1\\'hncks of t the economy and the Moroccan society.

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La Planification par La Crise

Realisé par Abderrahim Qanir

Situé en plein cœur de la ville, le port de Casablanca est victime de son propre succès.
Des millions de tonnes de marchandises sillonnent ses quais quotidiennement. Ces derniers temps il a connu une saturation sans pareil: immobilisation à l'intérieur et encerclement par la ville à l'extérieur. La dernière crise survenue les mois derniers a soulevé plusieurs interrogations et a poussé les décideurs à engager une étude par des consultants spécialisés dans le but de trouver une solution adéquate. L'étude qui démarrera bientôt va certainement analyser différents scénarii, on parle de la construction d'un nouveau port en eau profonde entre Casablanca et Mohammedia, au niveau de Zenata. Il est encore tôt pour se prononcer sur la solution finale qui sera retenue après diagnostic de la situation actuelle du port de Casa, simulations du trafic sur plusieurs années, une analyse multicritère (financière, économique, sociale) et une étude d'impact de chaque solution sur l'environnement (pollution, nuisance, trafic poids lourd).
Cependant, afin d'aider les décideurs à se prononcer sur le scénario adéquat, nous proposons les éléments techniques suivants à considérer pendant le déroulement de ladite étude, à savoir:
. Le port de Casablanca est un véritable fourre-tout, on y trouve les conteneurs, les rouliers, le poisson, les agrumes, les phosphates, le charbon, les céréales, les marchandises diverses, matières dangereuses et chimiques, etc.
. Sa situation géographique en plus de la croissance soutenue du trafic engendrent beaucoup de nuisances, de pollution et de perturbation de la circulation urbaine*.
Il est temps de le mettre à niveau pour épouser la vocation de la ville, une métropole moderne orientée vers le tourisme, centre d'affaires, les NTI et l'offshoring et de se transformer en pôle urbain à l'instar des grandes métropoles comme Le Havre, Barcelone, Valence, etc.
Pour ce faire, il faut le spécialiser pour le trafic propre, unitarisé (conteneurs, Ro-Ro)
. Evacuer à court terme les vracs solides polluants (phosphates, charbon, etc.), vers Jorf Lasfar ou Safi.
. Transférer à moyen terme les marchandises diverses (agrumes, piments, bois, sucre, céréales, etc.), vers le nouveau port atlantique de Kenitra (Chlihat), en cours d'étude, soit environ 5 millions de tonnes.
. Procéder à un traitement paysager

de la bande longeant les quatre ports d'accès, pour l'intégrer dans les projets structurants en cours d'exécution (Marina de Casablanca, nouvelle gare ON CF de Sidi Belyout, le centre d'affaires Casa City Center). Cette spécialisation permettra de dégager d'autres surfaces de terre-pleins pour les conteneurs à l'intérieur du port.
En parallèle, il faudrait prévoir la création
d'un port secondaire ou terminal extraportuaire, à proximité de l'autoroute, qui sera desservi par une navette ferroviaire, desservant le port. Ce terminal comportera un centre de fret multimodal (groupage dégroupage), sous douane afin de fluidifier les opérations à l'intérieur du port. D'ailleurs la chambre de commerce d'industrie et services de Casablanca a réalisé une étude pour la création de ce centre multimodal extraportuaire en 2000, avec la chambre de commerce de Bordeaux. En plus des dispositions citées ci-dessus, il faudra revoir la tarification portuaire qui doit être incitative pour
les clients qui enlèvent leurs conteneurs rapidement, et dissuasive pour ceux qui tardent à libérer l'enceinte portuaire. Prendre l'exemple de la tarification de l'eau sur tranche progressive.
En ce qui concerne le scénario d'un nouveau port au niveau Cie' Zenata, il faut rappeler que le plan d'aménagement de la ville a prévu un nouveau pôle urbain de 2.000 ha appelé à abriter 500.000 habitants à l'horizon 2030 dans cette zone. Le projet a déjà été présenté à Sa Majesté le Roi et sera piloté par la CDG..

* (Voir rapport de l'étude du LPEE, pollution de Casablanca).




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ECONOMIE & ENTREPRISE N° 99 DECEMBRE 2007

Saturday, January 29, 2011

ISF Nord s’implique dans la distribution d’eau et l’assainissement au Sénégal Décembre 2008 Etienne Rogeau, équipe eau

(Publiée sur: http://www.isf-france.org/node/443)

François Harivellerie et Jean-Baptiste Bailly, membres d'ISF Nord, sont partis en mission à Bakel, dans la région de Matam au Sénégal. Ils y ont rejoint une équipe de cinq ingénieurs en charge d'un projet porté par leur partenaire, le GRDR(1). Aperçu du projet.
Jean-Baptiste avec l'équipe locale dans la région de Bakel
Photo ISF Nord
Le projet AGEPA(2), que le GRDR met en place sur trois ans dans le Sénégal oriental, concerne une vingtaine de villages, soit 100 000 personnes dont 10 % directement concernées. Il tente de répondre, à l’échelle locale, aux problèmes récurrents de l’hydraulique rurale (accès, taux de couverture, consommation, évacuation des eaux, maladies, mauvaises gestions). La préparation de la mission a duré six mois. Une importante communication avec les antennes du GRDR à Lille et à Bakel, et des échanges de documents ont permis de cadrer précisément les objectifs et d’ajuster l’apport du groupe avec les besoins du projet. 


Assister techniquement, mais aussi former


L’action a été développée sur quatre axes : un apport méthodologique, une assistance au dimensionnement des réseaux hydrauliques, la réalisation d’analyses microbiologiques et une participation à la campagne de sensibilisation qui accompagne le projet. L’apport méthodologique s’est fait au cours de diagnostics de matériels et de réseaux de distribution existants. Le groupe ISF a renforcé tant le traitement des données relevées que leur capitalisation en s’intégrant à des équipes qui n’ont pas le temps ou la capacité de le faire. 

D’autre part, la collaboration avec un cartographe employé sur place par l’AFD (Agence Française de Développement) a permis d’augmenter la visibilité du travail, notamment en cartographiant un réseau en cours de dimensionnement. À l’initiative du groupe, des analyses minérales et microbiologiques ont été mises en place. Le protocole d’analyse, adapté au milieu rural sénégalais, a été transmis aux équipes locales en vue d’assurer un suivi continu de l’eau et de constituer ainsi un indicateur complémentaire pour la réussite du projet. 


Un regard extérieur qui vient enrichir le projet


En support du responsable local pour la transmission des bonnes pratiques d’hygiène, les étudiants ont également pris part à la création d’activités à vocation pédagogique : théâtre, jeux participatifs. Ce fut un moyen pour eux de se questionner sur la façon de communiquer avec la population et de mettre à profit la formation « inter-culturalité » reçue avant leur départ.
Le GRDR et ISF, satisfaits par les résultats, vont poursuivre l’expérience avec une nouvelle mission l’été 2009. Celle-ci sera dans la continuité de la première en exploitant ce qui fait la force d’un groupe ISF : un regard technique extérieur qui vient enrichir l’exécution des projets et une offre de compétences adaptée au contexte d’intervention, guidée par la nécessité de transmettre, mais toujours dans le respect des pratiques locales. Il s’agit en priorité de favoriser le déploiement de ressources locales afin d’asseoir l’engagement de la fédération pour un développement durable.. 







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Eau et assainissement en Afrique francophone: ISF donne la parole aux ingénieurs du Sud

(Publiée sur: http://www.isf-france.org/node/472)


En 2008, la fédération ISF a débuté une étude sur le thème « La place des ingénieurs du sud, leur formation et leur insertion professionnelle dans le domaine de l’eau et de l’assainissement ». Le sujet est issu d’un ensemble de questionnements des adhérents d'ISF qui, de retour des missions de terrain, se sont interrogés sur les modalités de mobilisation de l’expertise du sud dans les projets de développement.
École Polytechnique de Thiès, Cameroun.
Photo ISF Strasbourg
Dès le démarrage, l’idée de réaliser un travail de recherche a été écartée. L’orientation choisie a été de donner la parole aux ingénieurs du Sud, afin de la diffuser et de susciter un débat dans le milieu de la solidarité internationale. Une dimension d’éducation au développement a également été souhaitée, en associant un ensemble d’acteurs à la réflexion et à la réalisation de l’étude(1) aux côtés des membres de la fédération. L’étude est cofinancée par le F3E(2) et le CFSI(3).


Plus de 200 acteurs interviewés


Le travail s’est focalisé sur trois grandes questions stratégiques : Quelles sont les pratiques de coopération dans le domaine de la valorisation de l’expertise locale de type ingénieur ? La mobilisation de l’expertise Nord nuit-elle à l’émergence d’une expertise Sud ? Comment les politiques publiques nationales encadrent et participent à l’émergence d’une ingénierie locale dans le domaine de l’eau et de l’assainissement ?

Préparées méthodologiquement par le bureau d’études belge COTA et accompagnées sur le terrain par l’ONG ERA-Cameroun et l’Institut d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement, trois missions au Cameroun, au Burkina Faso et au Sénégal ont été réalisées cet été par les groupes locaux ISF Strasbourg, Limoges et Nord en binôme avec des étudiants des pays concernés. L’équipe bénévole « eau » de la coordination nationale d’ISF et le groupe de Lyon ont prolongé ce travail en France par une analyse focalisée sur la formation et les appels d’offres. Au final, ce sont plus de 200 interviews qui ont été réalisées auprès d’ingénieurs du Sud, de responsables de collectivités locales, d’ONG, d’entreprises, etc.


Premiers constats


Les pays du Sud sont engagés dans de nombreuses actions pour la réalisation d’infrastructures d’accès à l’eau et à l’assainissement, mais n’ont pas défini de véritables stratégies pour la construction d’une ingénierie locale pérenne. L’offre de formation initiale dans le domaine de l’eau et de l’assainissement est structurée d’une manière telle que ces ingénieurs sont de plus en plus spécialisés mais parfois sans lien avec les besoins du terrain. De plus, les collectivités locales et l’État offrent peu de possibilités de recrutement, ou à des conditions peu avantageuses. Ainsi les compétences de type ingénieur sont surtout implantées dans les entreprises et les ONG.

Les acteurs de la coopération décentralisée rencontrés au Cameroun et au Burkina Faso ainsi que les ONG au Sénégal ont bien intégré la nécessité de renforcer les compétences d’ingénierie locales, mais il subsiste dans la pratique un certain nombre de travers favorisant l’expertise Nord. Les ingénieurs du Sud manifestent une volonté de continuer à collaborer avec des entités du Nord tout en souhaitant avoir des accès plus ouverts aux financements et à des expériences professionnelles au Nord.

Sur la base de ce travail et des rapports d’enquêtes, des ateliers de restitution ont été organisés au Cameroun et au Burkina Faso afin de faire émerger une analyse et des recommandations collectives. D’autres espaces et outils de valorisation seront déployés et les discussions avec les pouvoirs publics locaux seront prolongées dans le courant de l’année 2010..








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Impliquer les ingénieurs du Sud dans les projets: exemple d'ISF Strasbourg

(Publiée sur: http://www.isf-france.org/node/489)

« Impliquer les acteurs du Sud dans les projets de coopération » est une phrase que l’on entend constamment dans les discours des ONG et des acteurs du Nord. C’est un facteur déterminant pour assurer la durabilité des projets à long terme. Mais comment passer du discours aux pratiques ? Exemple du projet « Gouvernance de l’eau dans le Mbam et Inoubou » (GEMI) au Cameroun, dont le groupe ISF Strasbourg est partenaire.
Démontage d’une pompe à Omendé (Cameroun)
Photo Pascal Bousso - Modifications ISF
Le projet GEMI vise à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base des communes du département Mbam et Inoubou, par la mise en place d’une structure de gestion de l’eau. Au terme du projet, d’une durée de 4 ans, la structure intercommunale créée devra gérer l’ensemble des points d’eau du département. 8 communes rurales camerounaises sont concernées, soit 400 points d’eau et 200 000 bénéficiaires environ.

La première question qui se pose est de savoir où trouver des ingénieurs locaux compétents dans le domaine. L’IRCOD Alsace (Institut Régional de Coopération-Développement), porteur du projet, fait appel à l’expérience d’ERA-Cameroun – une ONG locale basée à Yaoundé et maître d’œuvre du projet – pour sa connaissance des acteurs de l’eau au Cameroun. Cette dernière a recensé les formations et les bureaux d’études locaux compétents pour réaliser les prestations et études relatives au projet. Les compétences locales sont ensuite mobilisées durant la phase d’exécution du projet : de manière directe en employant des ingénieurs locaux, et de manière indirecte en ayant recours à des bureaux d’étude camerounais pour réaliser diverses prestations.


Impliquer les étudiants et susciter des vocations


Dans le cadre des travaux d’ISF, toutes les études sont réalisées en binôme : un membre d’ISF Strasbourg est associé à un étudiant de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé (ENSP). Ceci permet d’impliquer les étudiants ingénieurs du Sud dans les thématiques des projets. Les formations suivies n’étant pas spécialisées dans le domaine de l’eau, cette première expérience permet de motiver, de former et de susciter des vocations. Arsène, étudiant à l’ENSP en filière génie civil et stagiaire de l’IRCOD, déclare ainsi : « Avant, dans ma promotion, personne ne voulait travailler dans le domaine de l’eau et de l’environnement. Tous les étudiants voulaient travailler dans le BTP. Depuis que j’ai réalisé mon stage avec ERA-Cameroun pour le projet GEMI, tout le monde veut travailler dans l’environnement ! ». 


Impulser durablement une expertise locale


Dans le contexte de décentralisation des services de l’État vers les collectivités territoriales, l’émergence de compétences techniques locales est primordiale, et leur absence se fait cruellement sentir actuellement. Ainsi, au-delà des expériences acquises par des étudiants lors de missions de courtes durées, l’IRCOD forme le personnel de la cellule projet. Celle-ci est constituée d’une ingénieure issue d’une filière génie civil de l’INSP, accompagnée de plusieurs animateurs. Cette équipe devra à terme gérer seule l’intercommunalité. Pour cela, l’ingénieure participe à de nombreuses formations spécialisées dans le domaine de l’eau - notamment au Nord, à Strasbourg. Elle bénéficiera par ailleurs de l’expérience de terrain qu’elle aura acquise au terme des 4 ans d’exécution du projet.

Si l’équipe est actuellement rémunérée par le projet et ses bailleurs du Nord, des études sont réalisées pour mettre en place des financements locaux de la structure : cotisations des usagers, subventions de l’État et des communes… Afin d’assurer à terme la stabilité d’une équipe compétente et de confiance – n’oublions pas que la corruption est omniprésente – l’ingénieure possédera un salaire motivant. Cette approche a des limites, et les obstacles rencontrés sont nombreux, mais le financement durable des ingénieurs du Sud est primordial. Seul le développement d’une véritable expertise locale financée par le Sud pourra mener à l’autonomie et à l’indépendance vis-à-vis du Nord..













Abderrahim Qanir
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Barack Obama
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